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Dirigeants et DAF de PME

Améliorer son résultat : les deux leviers, la marge brute et les charges fixes

Apostroph’a · 17 octobre 2026 · 6 min de lecture

Le résultat d’une entreprise se lit en deux étages : la marge brute — ce qui reste des ventes une fois payé ce que chaque vente a coûté —, puis les charges qui font tourner l’entreprise, pour l’essentiel fixes. Il n’y a donc que deux leviers : augmenter la marge brute, en vendant plus cher, en achetant moins cher ou en vendant davantage ; et comprimer les charges fixes. Le premier est presque toujours le plus puissant, à condition de savoir ce que contient votre marge brute : elle ne se calcule pas de la même façon d’une entreprise à l’autre.

D’où vient le résultat ?

Prenons une PME qui facture 1 million d’euros hors taxes. Ce qu’elle vend lui coûte 60 % de ses ventes, et ses charges fixes — loyer, salaires de structure, assurances, honoraires, abonnements — s’élèvent à 360 000 € par an.

Montant% du chiffre d’affaires
Chiffre d’affaires1 000 000 €100 %
Coût de ce qui est vendu− 600 000 €60 %
Marge brute400 000 €40 %
Charges fixes− 360 000 €36 %
Résultat40 000 €4 %

Sur 100 € vendus, il en reste 40 une fois payé ce qui a été vendu, et 4 une fois l’entreprise payée.

Que rapporte chaque levier ?

Appliquons à cette entreprise un effort de 2 % sur chaque levier, tout le reste inchangé :

Levier, à 2 %Ce qui changeRésultatÉvolution
Vendre plus cher1 020 000 € de ventes, mêmes achats60 000 €+ 50 %
Acheter moins cher588 000 € de coût de ce qui est vendu52 000 €+ 30 %
Vendre davantage2 % de ventes et d’achats en plus48 000 €+ 20 %
Réduire les charges fixes352 800 € de charges fixes47 200 €+ 18 %

Deux pour cent de prix en plus rapportent 20 000 €, la moitié du résultat de départ ; deux pour cent de volume en plus, 8 000 €. Pour gagner autant qu’avec la hausse de prix, il faudrait vendre 5 % de plus — avec l’embauche, le stock et la trésorerie qu’immobilisent les créances clients que cela suppose. Le prix est le levier le plus puissant, et il joue dans les deux sens : une remise de 2 % accordée à tous les clients coûte ici la moitié du résultat.

Vendre plus cher ou acheter moins cher : par où commencer ?

Une hausse de prix ne se décide pas en moyenne. La marge de chaque activité, de chaque famille de produits, parfois de chaque client, dit où elle est possible :

  • les prix : revoir d’abord ce qui marge le moins, les tarifs figés depuis plusieurs années, les remises devenues habituelles, les frais refacturés en dessous de leur coût (transport, déplacements) ;
  • les achats : remettre en concurrence les principaux fournisseurs, regrouper les commandes, repérer les hausses de tarif passées sans être répercutées ;
  • les pertes : la casse, les invendus, les heures non facturées. Elles n’apparaissent nulle part en tant que telles, mais elles alourdissent le coût de ce qui est vendu ;
  • le mix : vendre davantage de ce qui marge le plus. À chiffre d’affaires égal, la marge monte.

Qu’est-ce qui entre dans votre marge brute ?

La marge brute du comptable, c’est le chiffre d’affaires moins les achats consommés. Pour piloter, la question est plus large : qu’est-ce que chaque vente déclenche comme dépense ? La réponse change d’une entreprise à l’autre :

  • la publicité : pour la plupart des entreprises, elle sert à se faire connaître et ne bouge pas à chaque vente ; elle reste sous la marge. Pour un site marchand, chaque commande s’achète en publicité : elle entre dans la marge, au même titre que la marchandise ;
  • le transport et le carburant : pour une entreprise qui livre beaucoup, chaque livraison coûte du transport ; il entre dans la marge. Ailleurs, c’est une charge variable comme une autre, sous la marge.

Mal définie, la marge brute trompe. Un site marchand dont la marchandise coûte 55 % du prix de vente et la publicité 20 % croit gagner 45 € sur 100 € vendus ; il en gagne 25. S’il augmente son budget publicitaire pour vendre davantage, chaque vente supplémentaire lui rapporte 25 €, pas 45.

Ce sont les vraies questions à trancher avec votre expert-comptable, votre DAF ou un cabinet de conseil comme le nôtre. Une fois la règle fixée, elle s’applique chaque mois de la même façon : c’est ce qui rend les marges comparables d’un mois et d’une année à l’autre.

Comment comprimer les charges fixes ?

Les charges fixes déterminent le seuil de rentabilité, le chiffre d’affaires à partir duquel l’entreprise gagne de l’argent. Dans l’exemple, 360 000 € ÷ 40 % = 900 000 € : l’entreprise n’est qu’à 10 % au-dessus de son seuil. À 40 % de marge, chaque euro de charges fixes demande 2,50 € de ventes pour être couvert : un abonnement de 10 000 € par an supprimé, ce sont 25 000 € de chiffre d’affaires que l’entreprise n’a plus besoin de faire.

Pour les réduire sans abîmer l’activité :

  • lire chaque charge fixe en % du chiffre d’affaires, face à l’an dernier : une charge qui grossit plus vite que les ventes dérive, même si son montant paraît modeste ;
  • distinguer ce qui sert encore de ce qui ne sert plus : les abonnements oubliés, les locaux sous-occupés, les contrats d’assurance, de téléphonie ou de location jamais renégociés ;
  • ne pas couper ce qui produit la marge : l’encadrement, la maintenance, le commercial qui fait le chiffre d’affaires de demain.

Ce qu’il faut regarder chaque mois

  • La marge brute de chaque activité, en % de son propre chiffre d’affaires, face au même mois de l’an dernier : un point perdu sur 1 million d’euros de ventes, ce sont 10 000 € de résultat.
  • Les remises accordées et les tarifs des principaux fournisseurs.
  • Les charges fixes en % du chiffre d’affaires, poste par poste.
  • Le chiffre d’affaires cumulé face au seuil de rentabilité.
  • Le résultat en % du chiffre d’affaires, face à la même période de l’an dernier.

En résumé

  • Le résultat, c’est la marge brute moins des charges pour l’essentiel fixes : il n’y a que deux leviers.
  • Sur 1 million d’euros de ventes à 40 % de marge, 2 % de prix en plus rapportent 20 000 €, 2 % de volume 8 000 € ; une remise de 2 % coûte la moitié du résultat.
  • Vendre davantage est le levier le plus lent, et il immobilise de la trésorerie.
  • La marge brute se définit entreprise par entreprise : la publicité d’un site marchand, le transport d’une entreprise qui livre beaucoup, y entrent.
  • À 40 % de marge, un euro de charges fixes en moins vaut 2,50 € de ventes en plus.

Le Suivi de gestion lit votre FEC chaque mois, sans ressaisie : la marge de chaque activité, calculée selon les règles fixées à la mise en place — ce qui entre dans la marge, ce qui reste en dessous —, le poids de chaque charge en % du chiffre d’affaires face à l’an dernier, et le seuil de rentabilité. Son simulateur chiffre, sur les mois qui restent, ce que changent un point de marge ou une économie de charges fixes sur le résultat de l’année.

Votre prochain rendez-vous de gestion commence par un FEC.

Envoyez-nous le dernier : vous verrez votre société comme vous ne l’avez jamais lue.

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